Nouveauté: un roman de Guy de Maupassant, Fort comme la mort, publié pour la première fois en 1889.

"Quatre ans après, Maupassant donne avec Fort comme la mort un roman bien différent, qui se déroule dans le monde, entre personnages qui n'ont aucun souci d'argent. C'est ce qui a fait dire que l'écrivain avait écrit un «roman mondain» (comme en écrivant Notre coeur, un an après): on baptise ainsi un roman à la manière de ceux de Paul Bourget, qui se déroulent dans les salons et les lieux fréquentés par la classe aisée, et qui sont tout entiers dédiés à l'étude d'un «cas» sentimental. Mais voilà une lecture bien superficielle de Maupassant! Fort comme la mort est en réalité tout à fait «antimondain», puisque la vie du monde y est considérée comme un piège. Dès le début de l'oeuvre, on nous prévient que le personnage principal, le peintre Bertin, a vu son réel talent s'affadir et décliner dès qu'il a été l'objet de l'engouement des salons. L'artifice, quelquefois la perversion du sens, y règnent, dans les conversations, les sentiments qui devraient être d'amitié et d'amour, comme dans les oeuvres artistiques. Celles que le public élégant préfère, au Salon de peinture, sont les plus conventionnelles. Ce milieu qui a perdu tout dynamisme vit en circuit fermé. On rencontre les mêmes gens dans les salons, les loges de l'Opéra, la promenade au bois de Boulogne. Si l'on est habité par un sentiment vrai, on ne peut pas l'exprimer."